Ladécouverte de cette nouvelle version de Il était une fois en Amérique, fut quoiqu'il en soit, un moment fort du festival. Et surtout l'occasion de se rendre compte, s'il en était besoin, à quel point le dernier film de Sergio Leone est une oeuvre monumentale et peut être le meilleur film qui sera projeté au festival cette année. Quand on pense que l'accueil fut mitigé lors de sa
Unfilm à multiples tiroirs sur les thèmes développés (le gangstérisme, l’amitié, la trahison, la rédemption, l’amour, et la sexualité) mais aussi des tiroirs dans le temps (l’adolescence, la jeunesse, et la vieillesse). Sans parler d’une fin a double énigme inoubliable. Un film nostalgique sur l’Amérique et ses rêves
Diffusédimanche 6 mars 2022 à partir de 20h55 sur Arte, le film culte Il était une fois en Amérique est le dernier de la carrière de Sergio
Retrouveztoutes les séances disponibles pour le film Il était une fois en Amérique réalisé par Sergio Leone. AlloCiné Ex. : Gagarine , The Nest , Falling
Interprétationpar l'Orchestre d'Harmonie de la Ville de Dunkerque. Direction : Luigi Pacicco. www.ohvd.fr
FrédéricBonnaud à propos de Il était une fois en Amérique " immense chef-d'œuvre, son très très grand film qui est un film culte pour des millions de gens " : 'Il était une fois en Amérique' c'est un film plus grand que le cinéma, c'est à dire qui excède les capacités du cinéma. Mais ce qui est très touchant aussi c'est que c
Ilétait une fois en Amérique - version intégrale. américain Réalisé par Sergio Leone avec Robert De Niro, James Woods. Drame. Ce film n'a pas été vu. par Télérama.
qAVEiby. Suite au décès d'Ennio Morricone lundi, France 3 modifie sa programmation de la soirée du 13 juillet, pour diffuser les films “Le Professionnel” de Georges Lautner et “Il était une fois en Amérique” de Sergio Leone, à la place de de la soirée consacrée à Pierre Richard "Les fugitifs" et "Le grand blond avec une chaussure noire".De Georges Lautner, avec Jean-Paul Belmondo, Jean Desailly, Robert Beaumont, un agent des services secrets français envoyé en mission dans un pays d’Afrique, a été dénoncé pour des raisons politiques par ses chefs aux autorités de ce pays. Evadé du bagne où il a été détenu pendant deux ans, il revient en France pour se venger en achevant la mission qu’on lui avait confiée assassiner le président de ce pays, en voyage officiel à musique du Professionnel, signée Ennio Morricone, remportera un disque d’or en 1981 grâce à son thème culte Chi Il était une fois en AmériqueDe Sergio Leone, avec Robert De Niro, James Woods, Elizabeth était une fois deux truands juifs, Max et Noodles, liés par un pacte d'éternelle amitié. Débutant au début du siècle par de fructueux trafics dans le ghetto de New York, ils voient leurs chemins se séparer, lorsque Noodles se retrouve durant quelques années derrière les barreaux, puis se recouper en pleine période de prohibition, dans les années vingt. Jusqu'au jour où la trahison les sépare à s’agit du troisième volet de la saga des Il était une fois… » de Sergio Leone, après Il était une fois dans l’Ouest et Il était une fois la révolution, dont toutes les bandes originales d’Ennio Morricone sont devenues cultes aujourd’ diffusion de la case SPORT LEGENDE prévue vers 0005 sera reportée à la mi-août.
Abonnez-vous 21h05 dimanche 06 mars Il était une fois en Amérique7777 Drame de Sergio Leone 1984 Avec Robert De Niro, James Woods, Elizabeth McGovern, Joe Pesci, Burt Young, Treat Williams, Danny Aiello, Tuesday Weld, Richard Bright, James Hayden, William Forsythe, Darlanne Fluegel, Larry Rapp, Richard Foronjy, Robert Harper, Dutch Miller, Gerard Murphy, Amy Ryder, Olga Karlatos, Mario Brega, Ray Dittrich, Frank Gio, Karen Shallo, Angelo Florio, Scott Schutzman Tiler, Rusty Jacobs, Brian Bloom, Adrian Curran, Mike Monetti, Noah Moazezi, James Russo, Frankie Caserta, Joey Marzella, Clem Caserta, Frank Sisto, Jerry Strivelli, Julie Cohen, Marvin Scott, Mike Gendel, Paul Herman Pays de production Etats-Unis - Italie Durée 3h40mn / Résumé De 1920 à 1968, aux États-Unis. La destinée d'un gangster, sa jeunesse délinquante dans le quartier juif de New York, son séjour en prison après le meurtre d'un rival, son ascension fulgurante pendant la Prohibition, son amour impossible pour une femme, et les circonstances qui le poussèrent à trahir ses complices. Si vous avez manqué le début New York, décembre 1933. Trois tueurs à la solde du syndicat du crime recherchent activement Nathan Aaronson, dit Noodles. Ils ont pour mission de lui faire payer la trahison qui vient de coûter la vie à Max, Patsy et Cockeye, ses complices et anciens compagnons de jeunesse. N'ayant pu obtenir le moindre renseignement de son épouse Eve, abattue sur-le-champ, les trois hommes s'en prennent ensuite à Fat Moe et le rouent de coups, connaissant les liens étroits que ce patron de bar clandestin entretient avec Noodles. Pour s'épargner des souffrances inutiles, Moe leur indique que Noodles se cache dans une fumerie d'opium. Deux des tueurs s'y rendent tandis que le troisième garde un œil sur Moe. Mais Noodles réussit à leur fausser compagnie et à délivrer Moe après avoir tué son geôlier. Il se rend ensuite à la gare et retire de la consigne une valise qui contient la cagnotte secrète de la bande. Il n'y trouve que de vieux journaux. Il prend alors le premier train en partance et gagne ainsi Buffalo. Trente-cinq années ont passé... Fatigué, vieilli, Noodles revient à New York après avoir reçu un message sibyllin, l'invitant à se rendre sur les tombes de Max, Patsy, et Cockeye. Il y retrouve Moe qui tient un restaurant casher et a reçu la même invitation... Clin d'oeil Sergio Leone offrit à Jennifer Connelly son premier rôle dans l’ultime volet de sa trilogie Il était une fois… À 14 ans, on reconnaît l’actrice de Blood Diamond et Noé dans la première partie du film où elle joue Deborah adolescente. Le casting de Il était une fois en Amérique Sergio Leone Réalisateur Robert De Niro Noodles James Woods Maximilian 'Max' Bercovicz Elizabeth McGovern Deborah Gelly Joe Pesci Frankie Burt Young Joe Treat Williams Jimmy O'Donnell Danny Aiello Police Chief Aiello Tuesday Weld Carol Richard Bright Joe James Hayden Patsy William Forsythe Cockeye Darlanne Fluegel Eve Larry Rapp Fat Moe Richard Foronjy Whitey Robert Harper Sharkey Dutch Miller Van Linden Gerard Murphy Crowning Amy Ryder Peggy Olga Karlatos la femme dans le théâtre de marionnettes Mario Brega Mandy Ray Dittrich Trigger Frank Gio Beefy Karen Shallo Mrs. Aiello Angelo Florio Willie the Ape Scott Schutzman Tiler Young Noodles Rusty Jacobs David / Young Max Brian Bloom Young Patsy Adrian Curran Young Cockeye Mike Monetti Young Fat Moe Noah Moazezi Dominic James Russo Bugsy Frankie Caserta Bugsy's Gang Joey Marzella Bugsy's Gang Clem Caserta Al Capuano Frank Sisto Fred Capuano Jerry Strivelli Johnny Capuano Julie Cohen Young Peggy Marvin Scott Interviewer Mike Gendel Irving Gold Paul Herman Monkey Les bandes-annonces de Il était une fois en Amérique Infos sur le programme Interdit aux moins de 16 ans / Couleur / STEREO / 169 - Sous-titrage Malentendant / HD
L’enfance et la maturité d’un gangster dans une fresque déconstruite. Le chef-d’oeuvre ultime de Sergio Leone. Voici – précédant de peu une version plus longue de quarante minutes, annoncée pour 2012 – le retour sur grand écran d’un des sommets du cinéma des années 80, l’ultime film de Sergio Leone, ce cinéaste qui réinventa le cinéma américain. Mais Il était une fois en Amérique est l’objet d’un culte cinéphile un brin fétichiste – il fut charcuté par ses producteurs à sa sortie aux Etats-Unis et connut un échec commercial sanglant – qui cache souvent sa vraie nature. Il s’agit a priori d’un film de pègre et à gros budget, tourné un peu partout sur le globe, dont Venise et Paris. Le film, tiré librement d’un livre autobiographique écrit en prison par un malfrat nommé Harry Grey, raconte, depuis l’enfance, la vie d’une bande de petits délinquants juifs de Brooklyn au début du XXe siècle, leur montée dans la hiérarchie du crime sous la Prohibition, puis leur chute brutale, entraînée par une trahison dont on saura plus tard qu’elle n’était pas le fait de celui qu’on croyait. C’est un film sur l’amitié masculine, son ambiguïté intrinsèque, sa part de traîtrise inhérente. Entre le héros du film, Noodles Robert De Niro, et Max James Woods, la jalousie, l’ambition, la cruauté, peut-être aussi une attirance sexuelle cachée ou latente, se mélangent pour produire un cocktail sournois. L’un gâchera sa vie pour se rédimer, l’autre la réussira par l’ignominie. La vision que porte Leone sur l’humanité est très noire. On peut en dire autant de sa vision de l’amour viril celui qui depuis l’enfance lie et délie Noodles et Deborah les sublimes Jennifer Connelly et Elizabeth McGovern, qui deviendra une star. Mais Noodles, dans un accès de passion, la viole dans un taxi. Et le film, souvent ultraviolent, d’une trivialité très italienne, semble se désoler lui-même, avec l’aide de la musique déchirante d’Ennio Morricone, du désespoir qu’il exprime. Mais il y a plus l’architecture du film. Il était une fois d’Amérique obéit à une construction à la fois habile on n’y voit que du feu et très sophistiquée, brouillant la chronologie pour donner son sens au récit, qui vogue d’époque en époque pour dessiner un territoire mental où tout se brouille, l’imaginaire et le réel, sans qu’on sache bien, au final, ce qui relevait de l’un ou de l’autre. Et peu à peu, de cette tentative éclatée de raconter une vie, dans ses faux-semblants et ses vérités, naît un hommage nostalgique et énamouré d’un Italien pour le grand cinéma, cet art qui permet aux hommes de vivre hors du temps dans un monde vu, pensé, fantasmé, déformé par le cerveau d’un autre. Un vrai chef-d’œuvre. Critiques
C'est dans le cinéma de Sergio Leone que nous plonge cette Nuit, à l'écoute d'émissions d'hier qui lui étaient consacrées et par la voix de Leone lui-même, présent dans la plupart de ces archives. Si aujourd'hui, près de trente ans après sa disparition, Sergio Leone est enfin reconnu, il a longtemps été un cinéaste très sous-estimé. Avec cette Nuit, nous essayons de comprendre comment le mépris qui avait accueilli ses premiers westerns "made in Italy" a fait place au respect qu'impose l'œuvre d'un véritable auteur ; comment Leone est devenu partout une référence, pour ses pairs et pour les cinéphiles, comme pour le grand public, en ne signant que sept films et comment ces films ont marqué durablement notre imaginaire Gian Luca Farinelli, directeur de la Cinémathèque de Bologne et commissaire général de l'exposition Il était une fois Sergio Leone, et le directeur de la Cinémathèque française, Frédéric Bonnaud, nous accompagnent tout au long de cette Nuit, pour nous éclairer sur l'œuvre et la personnalité de Sergio Leone. Frédéric Bonnaud à propos de Il était une fois en Amérique "immense chef-d'œuvre, son très très grand film qui est un film culte pour des millions de gens" 'Il était une fois en Amérique' c'est un film plus grand que le cinéma, c'est à dire qui excède les capacités du cinéma. Mais ce qui est très touchant aussi c'est que c'est un film comme si la bataille de Waterloo était racontée par la cantinière ou par le petit tambour... c'est à dire que c'est la grande histoire racontée par un figurant. [...] Il fait son grand film, sa très grande œuvre sur un destin d'un tout petit bonhomme qui serait au huitième plan de la photographie. Gian Luca Farinelli revient sur la fascination de Sergio Leone pour le cinéma américain. Il rappelle que Leone était né en 29, année de la crise et année de l'arrivée du cinéma sonore en Italie, qu'il a connu l'âge d'or du cinéma hollywoodien en salle dont il a été privé ensuite durant les années du fascisme Pour un Européen de son âge, les États-Unis étaient le paradis et le cinéma était plus que le paradis. Dans une très belle interview qu'il a fait à la Cinémathèque française, quelqu'un lui demande pourquoi vous ne faites pas de films sur l'Italie, il répond 'peut-être que quand l'Italie sera grand comme les États-Unis je ferai des films sur l'Italie'. Et bien évidemment il n'a aucune envie de le faire. Cette dimension d'enfant, de rêveur, c'est l'essentiel pour comprendre Sergio Leone. Pour Frédéric Bonnaud, Sergio Leone est "un des meilleurs récepteurs du cinéma américain" Sergio Leone a été un des meilleurs spectateurs des produits qui sortaient de l'usine à rêves. Parce que le cinéma américain a eu cette particularité, c'était un cinéma qui pouvait ne pas être ambitieux mais dont la manufacture, dont la fabrication déjà était fascinante, pour quasiment le moindre de ses produits. Pour prolonger, visite de l'exposition Il était une fois Sergio Leone avec Antoine Guillot dans "Plan Large" Par Albane Penaranda Avec Gian Luca Farinelli et Frédéric Bonnaud Réalisation Virginie Mourthé Avec la collaboration de Hassane M'Béchour Nuit Sergio Leone - Entretien 2/3 avec Gian Luca Farinelli et Frédéric Bonnaud 1ère diffusion 04/11/2018
Avec son dernier film, Sergio Leone abandonne ses variations mi-opératiques, mi-parodiques sur le western, et change radicalement de genre et d’époque. Il était une fois en Amérique est en effet un film de gangsters qui se déploie sur une bonne moitié du XXème siècle, du début des années 1920 à la fin des années 1960. Cette fresque crépusculaire et testamentaire condense tout le savoir-faire du grand metteur en scène, ses thèmes et ses obsessions – mais également ses ambiguïtés et ses zones d’ est brutale des truands assassinent, torturent les proches de David Aaronson, dit Noodles ». Celui-ci n’a pas l’air de soupçonner le danger qui le guette alangui dans une fumerie d’opium, hébété par la drogue, il est perdu dans le dédale de ses souvenirs, hantés par la sonnerie insistante d’un téléphone une série de flash-backs rythmés par les stridulations lancinantes de ce téléphone, hallucination sonore qui installe une tension remarquable dans chacun des plans, et les marques du sceau de la fatalité. L’énigme de cet anachronisme sonore, géniale trouvaille de mise en scène qui fait s’entrechoquer les espaces-temps, se résout à la fin de la séquence, quand le téléphone, dont on apprendra plus tard qu’il servit à passer un appel funeste, apparaît enfin, et que ses deux sonneries – celle du souvenir opiacé et celle du passé reconstitué – se mêlent et se quelques minutes sont représentatives d’un film tout entier construit sur l’idée de réminiscence. Il était une fois en Amérique est une madeleine fourrée à l’opium – une substance qui justement altère la perception du temps, donne l’impression de flotter entre passé et futur. Le film s’achève d’ailleurs dans les brumes de la fumerie, ce qui peut laisser penser que Noodles a rêvé son avenir en flash-forward, voire que toute sa vie aura été fantasmée depuis les limbes d’un paradis artificiel… Rempli de zones d’ombre et d’ellipses la mort des membres du gang, pourtant au centre de toute l’intrigue, ne sera jamais montrée, le scénario laisse ainsi une grande liberté d’interprétation au spectateur et sollicite activement son imagination – une qualité paradoxale pour une œuvre aussi longue près de quatre heures et aussi film se déroule sur trois périodes les années 1920 l’enfance tumultueuse de Noodles, ses premières amours, la naissance de son amitié avec Max, les années 1930 l’ascension criminelle de Max et Noodles dans l’Amérique de la prohibition et les années 1960 le retour de Noodles à New York, et sa confrontation avec les fantômes de son passé. Achronologique, la narration navigue entre ces époques par la grâce d’un montage à la fois complexe et limpide, qui joue savamment des rimes visuelles et sonores, des fondus enchaînés et des raccords audacieux les phares d’un camion d’éboueurs de 1968 devenant ceux d’une voiture des années 1930. Les mêmes lieux la consigne d’une gare, un bar apparaissent à chacune de ces époques et témoignent de ce passage du temps, tout comme les maquillages remarquables qui rendent crédibles le vieillissement des toujours avec Leone, la forme est admirable, d’autant qu’elle est ici servie par les importants moyens mis en œuvre pour faire revivre le New York du début du siècle. Certains plans généraux sur le quartier juif, populaire et populeux, témoignent de ce soin extrême porté à la reconstitution. Pour autant, la mise en scène est loin d’être purement illustratrice elle reste empreinte du maniérisme très reconnaissable du cinéaste italien. Très ample, elle apparaît toutefois délestée des excès baroques des westerns spaghetti. On retrouve bien, çà et là, quelques tics léoniens, mais il s’agit moins de banals effets de signature que de clins d’œil savoureux adressés au public cinéphile – le réalisateur allant jusqu’à s’auto-parodier quand il laisse une cuiller tinter interminablement dans une tasse de café… En dehors de ces quelques morceaux de bravoure, Il était une fois en Amérique recherche un relatif dépouillement et vise avant tout l’émotion. Il l’atteint notamment grâce aux acteurs[1]Revoir De Niro du temps de sa splendeur, avant qu’il ne se commette dans d’innommables panouilles, est un vrai plaisir. Quant à James Woods, on ne lui proposera par la suite que peu de rôles à la mesure de son talent. et à l’utilisation de la musique, plus que jamais indissociable des images la reprise du Yesterday des Beatles, et la partition à la fois lyrique et tendre de l’incontournable Ennio Morricone qui a abandonné les envolées goguenardes qui ponctuaient les précédents films de Leone véhiculent une nostalgie Il était une fois en Amérique est marqué par ces sentiments de perte irrémédiable, de remords, de regrets, de vie gâchée. Noodles et ses comparses sont des losers magnifiques, tels que le cinéma américain a su magnifier à partir des années 1960. Leone est en empathie avec ses personnages masculins, rend épique leur ascension, tragique leur chute. S’il s’agit de hors-la-loi amoraux ils tuent sans broncher, qui ne font le bien qu’incidemment par exemple quand ils sont amenés à appuyer » une grève ouvrière, quand cela sert leurs intérêts ou ceux de leurs commanditaires mafieux, ils sont en quelque sorte rachetés » par l’amitié et la loyauté en apparence indéfectibles qui les unissent. La trahison sera rendue d’autant plus revers de la médaille, c’est le peu d’attention porté aux personnages féminins dans un film tout entier dédié à l’amitié virile. Qu’elles soient idéalisées Deborah ou traitées en simples jouets sexuels Carol, les femmes sont toujours froides, manipulatrices, perverses. Cette vision misogyne se cristallise dans les scènes de viols, un motif récurrent dans la filmographie de Leone sa menace plane au début d’Il était une fois la Révolution et dans tout Il était une fois dans l’Ouest. Il était une fois en Amérique, par ailleurs peu avare en violences de toutes sortes, montre deux scènes de viol. Dans la première, caricaturale et très discutable, la femme, une nymphomane, crie non » mais pense visiblement oui » – dans tous les cas, scénario et mise en scène laissent entendre qu’elle a bien mérité ce qui lui second viol est long et insoutenable, d’autant qu’il vient clore abruptement une des rares parenthèses romantiques du film et qu’il jette un voile d’ombre sur le jusqu’alors relativement sympathique Noodles. Ce qu’il n’a pu obtenir de son amour d’enfance en l’achetant la scène du restaurant, et en la culpabilisant le dialogue sur la prison, il le prend par la force. La séquence est très ambiguë sa mise en scène est assez complaisante, et pourtant on en ressent toute la violence, et le spectateur n’est pas appelé à s’identifier à l’agresseur mais à se retrouver dans le regard désapprobateur du chauffeur qui ne pousse cependant pas l’indignation jusqu’à intervenir pour empêcher le viol. Mais il y a quelque chose de vraiment déplaisant dans la façon dont la responsabilité du crime est reportée sur la femme calculatrice, qui sacrifie Noodles à ses ambitions personnelles, et qui finira par épouser un sénateur véreux – qu’elle n’aime vraisemblablement pas, dont elle ne peut ignorer la vilenie, mais qui s’accorde mieux à son statut de star hollywoodienne… Minimisé voire nié par Leone lui-même[2]Le cinéaste italien disait de cette scène qu’il ne s’agissait pas d’un viol mais d’une scène d’amour » entretien avec Sergio Leone par Chantal de Béchade et Jacques Zimmer, La Revue du Cinéma n° 395, juin 1984 voire du cri d’amour » d’un personnage sentimentalement immature Conversations avec Sergio Leone, Noël Simsolo, 1987., le viol de Deborah est ensuite évacué par le scénario il n’a pratiquement pas de conséquence, et il n’en est plus question quand les deux personnages se retrouveront quelques trente ans plus tard. Et en attendant ces retrouvailles, c’est sur la solitude de Noodles que le spectateur sera invité à s’apitoyer – pas sur la détresse de la femme aspect d’Il était une fois en Amérique vient nuancer le plaisir qu’on peut éprouver par ailleurs devant son incontestable beauté. Cela dit, le montage de 2012 intègre de nombreuses scènes coupées plus ou moins à contrecœur par Leone, et notamment consacrées au rapport aux femmes. À côté, rien n’interdit de se replonger dans cette œuvre monumentale et de se perdre en interprétations devant son énigmatique et magnifique plan final…
il était une fois en amérique film